Vaccins d’enfance
Les petites filles avancent en file vers l’infirmière. Elles ne sont pas rassurées car on leur a dit que la piqûre fait un peu mal, mais c’est pour leur bien. Ce n’est pas leur première expérience de vaccin, elles ont toutes reçu au moins le BCG, qui laisse une petite cicatrice en haut du bras.
Dans les années 50, les mémoires familiales gardaient (ou perdaient) le souvenir de petits fantômes qui ne grandiraient pas, emportés par la coqueluche, la rougeole ou la polio. D’autres souffraient de graves séquelles de cette maladie ou des oreillons. Nombreuses étaient les familles où manquait au moins un enfant à l’appel et dans mon école, nous échangions les mêmes histoires : le départ en voyage ou l’envol vers le ciel d’une sœur ou d’un frère, dans des circonstances obscures. Nous soupçonnions les adultes de ne pas tout nous dire.
