A propos de Maryse Esterle
Cet auteur n’a pas encore écrit sa bio.
Mais nous sommes fiers de dire que Maryse Esterle a déjà contribué aux publications 178.
Publications par Maryse Esterle
Côte basque
Un tableau de Belas
Bal masqué
Ce soir j’ai croisé Cruella dans le métro parisien. Elle était habillée en noir de la casquette au bout des bottes, et sur la peau très blanche de son visage un masque noir se détachait. Elle portait un pantalon à très grandes poches et une veste droite ; elle regardait devant elle sans ciller, debout contre la barre centrale de la plate-forme, statuette obscure dressée dans la rame.
Obscure clarté
La poésie enchante nos vies. Elle apparaît au détour d’une rue, d’un regard, d’une parole et éclaire un présent trop souvent gris et morne. Elle enchaine des mots qui d’ordinaire ne cohabitent pas, de délicats oxymores font passer les idées de l’ombre à la lumière, jouent avec la langue, teintent le réel d’autres couleurs.
Des oxymores, il y en a, en ce moment…
Ensemble
Nef solitaire aux chaises vides, la cathédrale a le bourdon, le silence passe dans les rangées.
Chacun pour soi, on ne se voit pas, juste de dos ou de côté.
Les fidèles sont dispersés.
Lointain travail
Il paraît que le télétravail c’est formidable. Plus de trajets, chacun son rythme, pas de risque de contamination.
Pendant quatorze ans, j’ai enseigné à l’Institut universitaire de formation des maîtres du Nord Pas-de-Calais. Plusieurs fois par semaine, je partais de Paris très tôt le matin et j’arrivais déjà fatiguée pour donner mon premier cours de la journée. Je dormais comme une souche dans le TGV qui me ramenait chez moi le soir. Pourtant, avant qu’une réforme vienne balayer le travail d’équipe et les formations que nous avions patiemment construites au fil des années, j’entrais avec plaisir dans les locaux de l’ancienne école normale d’Arras. Je savais que j’allais y retrouver mes collègues.
Main dans la main
Ma fille est née au début des années 1980. Son père et moi lui avons donné un prénom d’épice et de sucre qui reflète la couleur ambrée de sa peau, alliage des deux nôtres. Un jour de printemps, elle avait à peine deux ans, je suis partie me promener avec elle au Forum des Halles. Un orchestre jouait un air de samba sur le parvis. Nous nous sommes assises à côté l’une de l’autre pour écouter les musiciens sur les marches d’un petit escalier, au milieu des spectateurs de ce concert improvisé.
Renouveau
Il y a plus de deux siècles, Xavier de Maistre, mis aux arrêts pendant quarante-deux jours dans la citadelle de Turin, écrivit « Voyage autour de ma chambre », son journal de reclus temporaire. Il trouva le moyen de s’évader en pensée, comme beaucoup d’entre nous pendant ces deux derniers mois, avec plus ou moins de bonheur selon les cas…
L’accent
Il y a quelques années, ma mère fut hospitalisée dans l’annexe gériatrique d’un hôpital du Pays basque à la suite d’un accident vasculaire cérébral. Je venais souvent la voir depuis Paris.
Quand j’arrivais, l’accent des soignants, des visiteurs et des quelques patients qui parlaient encore m’enveloppait. À les écouter, je me sentais comme emmitouflée dans une couverture en laine des Pyrénées…
Sans visite
Non, je ne ferai pas le journal de mon confinement…