• Lien vers Facebook
  • Lien vers X
  • Lien vers LinkedIn
Maryse Esterle
  • Accueil
  • Au fil des jours
  • Voyages
  • Remue-méninges
  • À propos
  • Amitiés
  • Cliquez pour ouvrir le champ de recherche Cliquez pour ouvrir le champ de recherche Rechercher
  • Menu Menu

l’écriture comme un voyage

Vous êtes ici : Accueil1 / Au fil des jours2 / Bulle

Bulle

Photo Alexas Pixabay

Métro parisien, en semaine, 9 heures du matin, ligne 11. L’heure de pointe est passée, on respire.

Je suis assise sur un siège d’un côté du wagon. À côté de moi, une jeune femme s’adresse à voix basse à une autre, assise sur la rangée qui nous fait face. Elles sont toutes les deux blanches et brunes de cheveux, habillées du même jean et d’une veste en toile. Le rythme régulier de leurs propos tranche avec les conversations habituelles des voyageurs.

Leurs paroles sont fluides, à jet continu, leur regard concentré. Bientôt elles se retrouvent assises l’une à côté de l’autre en face de moi  et continuent leur étrange échange. Que font-elles ? Chacune tient à la main le même livre. Je me tords les yeux pour en distinguer le titre. Cet enfant, de Joël Pommerat. Une pièce de théâtre. Elles jouent.

Elles répètent leur rôle, au milieu des téléphones portables qui clignotent et des bavardages des autres passagers, dans la douce indifférence parisienne. 

À qui tu parles ? À qui est-ce que tu parles ?
Je parle, vous voyez bien à qui je parle. Qui est-ce qu’il y a d’autre ici ? Il n’y a pas d’autre personne ici !
Tu me dis vous maintenant à moi ?
Je ne dis pas vous !

J’essaie de mémoriser leurs visages, peut-être les retrouverai-je dans quelques années sur une scène ?

Nous arrivons à Châtelet. Les comédiennes sortent de la voiture un peu avant moi. L’une d’elles croise mon regard et me sourit tout en donnant la réplique à sa compagne. Un sourire complice, amical, que je lui rends discrètement. Je suis peut-être leur premier public !

Les deux jeunes filles s’éloignent vers l’escalator au milieu de la foule, elles marchent en se regardant.

Tu as encore grandi depuis la dernière fois. Tu n’as pas grandi ?
Je ne sais pas.
Si, tu es une vraie grande fille maintenant.
Je ne vois pas quand je grandis.
Oui, mais moi je le vois. 

Théâtre de métro à spectatrice unique.

5 réponses
  1. Heydemann dit :
    22 juin 2025 à 14 h 13 min

    Très sympa moment de vie dans le métro !
    Et toujours du bonheur en te lisant…
    Bonnes vacances, Maryse !

    Répondre
    • Maryse Esterle dit :
      23 juin 2025 à 18 h 17 min

      Merci Marie-Claude, et bonnes vacances à toi !

      Répondre
  2. Hervé dit :
    22 juin 2025 à 16 h 32 min

    Très belle rencontre, oui !
    Merci de nous la partager.
    Bises.

    Répondre
  3. Lascar dit :
    22 juin 2025 à 16 h 57 min

    Ces comédiennes sont peut-être dans une bulle mais dans une bulle de créativité…
    C’est rare dans le métro.

    La vie parisienne réserve toujours des moments agréables.

    Répondre
  4. Maryse Esterle dit :
    23 juin 2025 à 18 h 18 min

    Les transports en commun portent bien leur nom, en plus d’être fort utiles, ils nous plongent au milieu des autres et d’univers singuliers !

    Répondre

Laisser un commentaire

Rejoindre la discussion?
N’hésitez pas à contribuer !

Laisser un commentaire Annuler la réponse

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Search Search

Pour recevoir par mail l’annonce de chaque nouvelle publication, ABONNEZ-VOUS !

Vérifiez votre boite de réception ou votre répertoire d’indésirables pour confirmer votre abonnement.

Contact

Pour toute remarque, question etc, vous pouvez m’écrire à cette adresse : maryse.esterle@gmail.com

Amitiés

Trouvailles sur le Net

Invitations

Vos mots pour le dire

Archives

Articles récents

  • La datte 17 mai 2026
  • Printemps 14 avril 2026
  • Invisibles 8 mars 2026
  • In vino 25 janvier 2026
  • Vœux 2026 22 décembre 2025
  • Crêpe de Noël 15 décembre 2025

Étiquettes

adolescence Aragon araignée Argentine besoin bienveillance Buenos Aires bus Béarn béret capoeira cerises chauve-souris cimetière classe femme fraternité Frédéric Delorca fumer gare Laurent Gharibian librairie lit Lucie maman papa matin misère mère nouvelle ours printemps Pyrénées racine retraite robe Romain Dutter et Simon Géliot rue Serge Rat sourire ticket toboggan vieille fille Vin école éphémère
© Copyright - Maryse Esterle
  • Politique de confidentialité
  • Mentions légales
Lien vers: Sale coup Lien vers: Sale coup Sale coup Lien vers: Mauvaise herbe Lien vers: Mauvaise herbe Mauvaise herbe
Faire défiler vers le haut Faire défiler vers le haut Faire défiler vers le haut