Publications par Maryse Esterle

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Prise de vues

« Grand-mère, grand-mère vous êtes morte cette nuit, grand-mère, grand-mère, vous êtes morte d’ennui. Dans votre intérieur modèle, entre vos nappes brodées, vos napperons de dentelle, vous avez capitulé. »
Comme dans cette chanson d’Anne Sylvestre, la plupart de nos grands-mères, ou plutôt des femmes qui nous ont précédés, furent sans doute des mamies confiture, à une époque où l’injonction première faite aux femmes était de se marier et d’avoir des enfants, renonçant la plupart du temps à une carrière professionnelle.

Post-vérité

Cnossos, à quelques kilomètres d’Héraklion, en Crète. Le plus célèbre site archéologique de l’île, étagé sur plusieurs niveaux, avec ses palais, ses demeures patriciennes, ses voies pavées. Des colonnes d’un beau rouge sang, noires à leur sommet, soutenant des toits en terrasse. Des fresques d’une étonnante modernité. On en trouve sur les murs des bâtiments et beaucoup au musée d’Héraklion : le prince au lis, des dauphins, trois dames en bleu…
Ne connaissant pas l’histoire du site, nous circulons dans ces ruines avec un léger étonnement : comment des fresques aussi anciennes (1 600 avant J.-C. quand même) ont-elles pu être aussi bien conservées ? Et ces murs, contrairement aux pierres qui s’entassent à leurs pieds, sont-ils consolidés ou reconstruits ?

Vœux 2025

En cette période d’incertitudes, me revient en mémoire la chanson d’Anne Sylvestre, dont j’ai modifié quelques paroles :

J’aime les gens qui doutent, les gens qui trop écoutent leur cœur se balancer
J’aime les gens qui disent et qui se contredisent et sans se dénoncer
J’aime les gens qui tremblent, que parfois ils ne semblent capables de juger
J’aime les gens qui passent moitié dans leurs godasses et moitié à côté

J’aime leur petite chanson
Même s’ils restent dans leur cocon

Bleu novembre

La mort a préparé sa petite boutique,
On ne peut pas la rater
Drôlement bien éclairée
Elle a mis sa robe de fête
Ses napperons en dentelle de papier
Dessiné les oiseaux de Matisse
Découpé des crânes bleus et blancs
Sur une nappe d’azulejos
Ajouté des roses bleues enguirlandées

Entre chien et loup

Promenade à Biarritz, un jour de septembre ensoleillé, entre deux films du festival Biarritz Amérique latine. La ville est impeccable, boutiques de macarons, de chocolats ou de vêtements chics, consommateurs bien nourris aux terrasses des cafés. Pas un papier par terre, pas une feuille morte qui traîne, pas un pauvre tendant la main au coin des rues. La Grande Plage est ratissée tous les jours, les surfeurs planent sur les vagues féroces de l’océan en combinaisons luisantes.

Terre lointaine

J’ai passé l’été à l’autre bout du monde. Chaque jour, j’ai marché au milieu de plantes luxuriantes enchevêtrées à perte de vue. Un ciel bleu souvent, gris parfois, lourd de la chaleur accumulée. Des trombes de pluie s’abattaient sans rafraîchir l’atmosphère. Les arbres dont on ne distinguait plus le tronc couvert de plantes invasives tendaient leurs bras feuillus vers le ciel d’orage. Quelques oiseaux volaient de branche en branche, noires énigmes.

Bel été

Pour célébrer le soleil enfin revenu, voici le temps des cerises, promesse de folies d’amour chantées dans la première strophe :

Quand nous chanterons le temps des cerises,
Et gai rossignol, et merle moqueur
Seront tous en fête !
Les belles auront la folie en tête
Et les amoureux du soleil au cœur !
Quand nous chanterons le temps des cerises
Sifflera bien mieux le merle moqueur.

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Point de vue sur l’école, Le Dauphiné Libéré

Par rapport à ce que j’ai pu constater il y a une dizaine d’années, les choses ne se sont pas améliorées au sein de l’école. L’Éducation nationale demeure l’objet d’enjeux politiques majeurs, à tel point que Le président de la République se saisit de sujets très précis, comme le retour des mathématiques en option dans le tronc commun de classe de première ou la tenue unique (uniforme), ces annonces faisant la une des médias.