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Maryse Esterle
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l’écriture comme un voyage

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Au fil des jours, Voyages

Main dans la main

Ma fille est née au début des années 1980. Son père et moi lui avons donné un prénom d’épice et de sucre qui reflète la couleur ambrée de sa peau, alliage des deux nôtres. Un jour de printemps, elle avait à peine deux ans, je suis partie me promener avec elle au Forum des Halles. Un orchestre jouait un air de samba sur le parvis. Nous nous sommes assises à côté l’une de l’autre pour écouter les musiciens sur les marches d’un petit escalier, au milieu des spectateurs de ce concert improvisé.

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8 juin 2020/par Maryse Esterle
https://maryseesterle.com/wp-content/uploads/2020/06/Fotolia_116879989_S-April-paris-1-0K.jpg 693 693 Maryse Esterle https://maryseesterle.com/wp-content/uploads/2020/05/logo-maryse-Esterle-1.png Maryse Esterle2020-06-08 21:29:242025-11-10 22:33:23Main dans la main
Au fil des jours, Voyages

Renouveau

Il y a plus de deux siècles, Xavier de Maistre, mis aux arrêts pendant quarante-deux jours dans la citadelle de Turin, écrivit « Voyage autour de ma chambre », son journal de reclus temporaire. Il trouva le moyen de s’évader en pensée, comme beaucoup d’entre nous pendant ces deux derniers mois, avec plus ou moins de bonheur selon les cas…

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29 mai 2020/par Maryse Esterle
https://maryseesterle.com/wp-content/uploads/2020/05/Voyage-autour-de-ma-chambre-1.jpg 637 410 Maryse Esterle https://maryseesterle.com/wp-content/uploads/2020/05/logo-maryse-Esterle-1.png Maryse Esterle2020-05-29 20:21:312020-06-03 19:26:35Renouveau
Voyages

L’accent

Il y a quelques années, ma mère fut hospitalisée dans l’annexe gériatrique d’un hôpital du Pays basque à la suite d’un accident vasculaire cérébral. Je venais souvent la voir depuis Paris.
Quand j’arrivais, l’accent des soignants, des visiteurs et des quelques patients qui parlaient encore m’enveloppait. À les écouter, je me sentais comme emmitouflée dans une couverture en laine des Pyrénées…

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5 mai 2020/par Maryse Esterle
https://maryseesterle.com/wp-content/uploads/2020/05/Merveilles-1.jpg 640 960 Maryse Esterle https://maryseesterle.com/wp-content/uploads/2020/05/logo-maryse-Esterle-1.png Maryse Esterle2020-05-05 15:24:322020-05-21 20:51:40L’accent
Voyages

Réchauffement

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7 mars 2020/par Maryse Esterle
https://maryseesterle.com/wp-content/uploads/2020/03/La-Seine-gelée-1891.jpg 2549 3993 Maryse Esterle https://maryseesterle.com/wp-content/uploads/2020/05/logo-maryse-Esterle-1.png Maryse Esterle2020-03-07 22:21:132020-05-12 16:04:01Réchauffement
Voyages

Tombes d’amour

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15 novembre 2019/par Maryse Esterle
https://maryseesterle.com/wp-content/uploads/2019/11/San-Martin-Tombe-fleurie-1-1.jpg 3541 3072 Maryse Esterle https://maryseesterle.com/wp-content/uploads/2020/05/logo-maryse-Esterle-1.png Maryse Esterle2019-11-15 13:09:042021-03-12 19:20:52Tombes d’amour
Voyages

Le basilic de Buenos Aires

Ce soir, Huesca est tout près de Buenos Aires.

Le cercle des Aragonais fête la  San Lorenzo. Descendants d’Aragonais émigrés en Argentine, ils parlent des rues des villages de leurs antepasados comme s’ils y avaient grandi et échangent des nouvelles du pays.
Sur les tables, des pots de basilic, la plante de Huesca,  sur scène des jotas chantées et dansées.

Échame madre, échame un ramico de albahaca
De esta maceta que tienes en el balcón
Fresca como el roció, albahaca perfumada,
Un beso que Huesca y tú me dais con amor.

Lance ma mère, lance-moi une branche de basilic
De ce pot sur ton balcon
Frais comme la rosée, basilic parfumé
Huesca et toi, un baiser de votre amour.

L’émigration c’est ça : on aime toujours quelque chose d’ailleurs, on est d’ici et de là-bas.
Si les liens entre l’Europe et l’Amérique se matérialisaient au-dessus de l’océan, cela ferait un immense voile d’une rive à l’autre, tissé de fils impalpables et mouvants  qui laissent passer la lumière et se reflètent sur les flots.





25 septembre 2019/par Maryse Esterle
https://maryseesterle.com/wp-content/uploads/2020/05/logo-maryse-Esterle-1.png 0 0 Maryse Esterle https://maryseesterle.com/wp-content/uploads/2020/05/logo-maryse-Esterle-1.png Maryse Esterle2019-09-25 09:55:262021-03-12 19:18:11Le basilic de Buenos Aires
Voyages

Au bout du chemin

Au bout du chemin, Ignacio apercevait le clocher de l’église et le toit des maisons de son village au creux du vallon. À l’époque où il y vivait avec sa famille, les rues étaient encaissées, les maisons serrées les unes contre les autres. De hautes cheminées cylindriques (tronconiques) dominaient les toits comme dans tout le […]

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12 août 2019/par Maryse Esterle
https://maryseesterle.com/wp-content/uploads/2019/08/Chemin-vers-Urdués-arrivée.jpg 600 800 Maryse Esterle https://maryseesterle.com/wp-content/uploads/2020/05/logo-maryse-Esterle-1.png Maryse Esterle2019-08-12 16:22:342020-05-26 18:59:30Au bout du chemin
Voyages

Passage

Le col de Pau est à presque 2 000 m d’altitude. C’est un passage du Béarn à l’Aragon, et aussi vers Saint-Jacques-de-Compostelle, pas le plus fréquenté car il y en a de plus faciles.

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30 juillet 2019/par Maryse Esterle
https://maryseesterle.com/wp-content/uploads/2019/07/Col-de-Pau.jpg 3120 4160 Maryse Esterle https://maryseesterle.com/wp-content/uploads/2020/05/logo-maryse-Esterle-1.png Maryse Esterle2019-07-30 19:13:182021-03-12 19:07:26Passage
Voyages

Le voyage d’Ignacio

À la fin du XIXe siècle, mon arrière-grand-père maternel, Ignacio Aragüés, vivait entre Gurs en Béarn et Urdués en Aragon. Tous les ans, en été, il allait à Urdués moissonner et vendre son blé et y revenait à l’automne pour labourer et semer. Il empruntait les chemins forestiers et les sentiers de montagne, peut-être avec un mulet et un chien. Il faisait le trajet en deux ou trois jours maximum, chaussé d’espadrilles à lacets. Il dormait dans des granges, nombreuses sur le chemin, et faisait sans doute un peu de contrebande d’allumettes. Mon arrière-grand-mère, Teresa Petriz, l’accompagnait parfois pour accoucher à Urdués. Comme eux, des milliers d’Aragonais vivaient entre les deux versants des Pyrénées, travaillant en Béarn ou en Soule comme artisans, journaliers agricoles ou dans les fabriques de sandales ou de bérets. Il y avait parmi eux des femmes que l’on appelait les hirondelles car elles partaient en hiver travailler comme sandalières à Mauléon ou Oloron et revenaient chez elles aux beaux jours pour les travaux des champs.

À la fin de ce mois de juin, avec plusieurs membres de ma famille et Michel, notre guide, j’ai mis mes pas dans ceux d’Ignacio et de Teresa. Nous sommes partis de la petite maison où ils vivaient à Gurs et en cinq jours avons franchi les quatre-vingt-dix kilomètres qui séparent les deux villages. Nous sommes passés par Oloron-Sainte-Marie, Sarrance, Lescun, le col de Pau, la forêt d’Oza et Siresa pour arriver à Urdués. Nous avons marché dans ces magnifiques paysages le long du gave d’Aspe et du Subordán, les aimant comme nos antepasados  les aimèrent, posant nos yeux là où les posèrent, dans des conditions incomparablement plus confortables que les leurs. Nous avons cheminé à leurs côtés, comme si un fil invisible nous reliait les uns aux autres par-delà le temps, sur les mêmes sentiers parcourus.

12 juillet 2019/par Maryse Esterle
https://maryseesterle.com/wp-content/uploads/2020/05/logo-maryse-Esterle-1.png 0 0 Maryse Esterle https://maryseesterle.com/wp-content/uploads/2020/05/logo-maryse-Esterle-1.png Maryse Esterle2019-07-12 15:08:352021-03-12 18:43:11Le voyage d’Ignacio
Voyages

La vie par terre

Il fait gris aujourd’hui, comme souvent ces jours-ci. Sur le trottoir près de chez moi, une valise en carton noir, entrouverte. Dans mon quartier on trouve beaucoup de choses au coin des rues et devant les maisons : des petits meubles, des livres, des jouets, de la vaisselle… Les gens les déposent plus qu’ils ne les jettent et les passants se servent. Des objets remis en circulation sans échange d’argent. D’ailleurs ils ne restent pas longtemps sur le trottoir, les bonnes affaires partent vite.
J’ouvre la valise : dedans, de petits albums photos. Ça sert toujours un album photo  et la valise est vintage. Je l’emmène chez moi pour détailler cette aubaine. Dans le premier album, des photos de fleurs. Mais dans le deuxième, le troisième et tous les autres, des photos de gens. Plein de gens, à table, au bord de la mer, à la montagne, posant tout seuls ou en groupe. Une famille entière, des jeunes, des vieux,  des couples, une dame qui ressemble à ma tante Raymonde, attablée avec deux jeunes filles rieuses qui l’entourent de leurs bras. Au verso des photos  la date, le lieu mais jamais  le nom des personnes :

St Palais Chemin de la corniche juillet 1965 (celle-là est en noir et blanc, avec les bords crénelés).
Neige sur le Brévent juillet 1980.
Août 1968 Petit Bornand.

La vie d’une famille, ou de plusieurs. Posée sur le trottoir, par terre, dans une valise en carton. Un remake de « Les gens dans l’enveloppe » d’Isabelle Monnin, qui avait quand même acheté les siennes sur Internet.
Je reste avec ces photos dans les mains. Je n‘écrirai pas de livre autour de ces souvenirs,  je ne veux pas les jeter « proprement » en les mettant dans un sac poubelle, ni les ramener devant la maison où j’ai trouvé la valise, elles risqueraient d’être dispersées sur le sol, mouillées de pluie, ce serait pire.
Je referme la valise, la range. Un jour je lui trouverai un endroit. Je ne sais pas quand ni comment.

 

 

8 juin 2019/par Maryse Esterle
https://maryseesterle.com/wp-content/uploads/2020/05/logo-maryse-Esterle-1.png 0 0 Maryse Esterle https://maryseesterle.com/wp-content/uploads/2020/05/logo-maryse-Esterle-1.png Maryse Esterle2019-06-08 14:25:042021-02-02 10:39:13La vie par terre
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