La grotte
Août 2026. Il fait très chaud. Depuis le début de l’été, on étouffe. La chaleur envahit l’espace, écrase les corps, déconnecte les cerveaux.
Sauf dans la grotte. Y descendre est un soulagement. Silence minéral, six degrés toute l’année, pas de variation. Il faut mettre un gilet, on avait oublié.
Pas trace d’humains dans cette grotte dont l’origine remonte à des millions d’années. Pas de peintures de bisons, d’aurochs ou de chevaux, pas de silhouette stylisée de chasseur ou d’empreinte de main sur les parois. Pas trace d’animaux non plus, même les tout-petits, insectes ou microlarves comme dans d’autres grottes. Le néant de la vie.
En creusant une carrière de marbre, des mineurs ont ouvert un trou béant dans la montagne, il y a 70 ans. Descendus en rappel à l’intérieur du gouffre, ils sont tombés sur ce vide du début des temps.
Il a fallu des millénaires pour que la rivière souterraine creuse son lit tout en bas, mais elle n’abrite aucun poisson, aucune algue, aucune plante aquatique. Une stalactite est à un centimètre d’une stalagmite, il faudra un siècle pour que la jonction se fasse. Nous ne le verrons pas.
Le temps a tissé la pierre, l’a transformée en dentelle, en plis nonchalants tombant des parois, en pailles des cavernes, ces très fines lignes qui coulent, immobiles, comme des tuyaux d’orgue inachevés.
J’imagine les découvreurs du lieu, une lampe torche à la main, fascinés et inquiets par ce qu’ils entrevoient, remontant à la surface sans trouver les mots pour décrire.
Aujourd’hui, la lumière en rend la splendeur. Impérial, le silence de l’antre souterrain domine le murmure frissonnant des visiteurs, qui ne font que passer devant l’éternité.





Très agréable à lire. Belle plongée dans l’histoire des grottes.
On y passerait bien nos nuits d’été caniculaires, à sentir le souffle de la préhistoire nous ramener à notre propre insignifiance.
Fascinant !
Combien petits sommes nous, en effet…
Me encanta recordar nuestro paso por la cueva con tus palabras precisas, preciosas, escogidas con cuidado para recrear este espacio tan especial.
Muchísimas gracias y adelante, bonita!
Un abrazo,
Marissi
Trad. du castillan, ME : Je suis ravie de revivre notre passage dans cette grotte grâce à tes mots précis, précieux, choisis avec soin pour recréer cet espace si particulier.
Mille mercis et en avant, ma belle !
Je t’embrasse,
Marissi
J’ai adoré te lire Maryse. Tu m’as fait retourner, l’espace d’un instant, dans cette grotte et dans tout ce que nous avons partagé lors de ce voyage au cœur de ses profondeurs. Tu as une façon d’écrire qui fait que les mots nous transportent directement dans le lieu et dans l’instant.
Et peut-être que c’est cela que je retiens le plus de cette journée : cette sensation de découvrir un monde immense, ancien et silencieux, qui nous faisait nous sentir si petites.
Merci de nous avoir fait revivre tout cela à travers tes mots. C’était magnifique. ❤️
El teu escrit recull fantasticament la nostre visita a la Grotte Fontrabiouse… L’impacte queda descrit amb emoció i sentiment amb tota la història que l’envolta i que fins fa poc es va deixar conèixer.
T’ho agraeixo i et felicito, escrius molt bé.
Un petonàs i fins la propera. Francis
Trad. du catalan, ME : Ton texte retrace à merveille notre visite de la grotte de Fontrabiouse… Tu en décris l’impact avec émotion et sensibilité, tout en évoquant l’histoire qui l’entoure et qui n’a été révélée que récemment.
Merci et bravo, tu écris très bien.
Grosses bises et à la prochaine. Francis
Gràcies per l’escrit Maryse. M’ha fet reviure la visita a la cova de Fontrabiosa i tornar-me a sentir meravellada per les formacions geològiques i gratament insignificant dins d’aquests temps gairebé infinits.
Trad. du catalan, ME : Merci pour cet article, Maryse. Il m’a fait revivre ma visite de la grotte de Fontrabiouse et éprouver à nouveau l’émerveillement devant ces formations géologiques, en me sentant dans une heureuse insignifiance face à des échelles de temps quasi infinies.
Un bon record d’una visita magnífica. Moltes gràcies Maryse per la bella descripció.
Marià
Trad. du catalan, ME : Un bon souvenir d’une visite magnifique. Merci beaucoup, Maryse, pour cette belle description.
Marià
Merci, chers amis et amies, pour ces commentaires. Je ne vous réponds pas individuellement, car je risquerais de me répéter. Tous ceux qui ont visité ce lieu ont ressenti les mêmes choses et je suis heureuse d’avoir pu l’exprimer et d’avoir touché des personnes qui ne le connaissent pas (j’ai reçu des messages par d’autres canaux). C’est rare de se retrouver dans un lieu sans « vivant » et de ressentir que nous sommes « bien peu de choses » comme dit la chanson, tout en en éprouvant la beauté, scénarisée du reste par des humains !