Bien cachées, revue PARTIR

Un article de Maryse Esterle* : Bien cachées : un aperçu de la place des femmes dans les documents de voyage, revue PARTIR, Archives et mémoires de l’émigration pyrénéenne, n° 33-34, septembre 2026, pp. 115-119.
Les premières lignes de l’article :
Où sont-elles ? Où sont-elles passées, les femmes du temps passé ? Pas les femmes puissantes ou d’exception, non, les anonymes, celles que l’on devine au détour d’une archive.
Sur le registre des passagers du Brésil, un transatlantique parti de Bordeaux et arrivé à La Plata (Argentine) le 11 avril 1902, l’employé de la Compagnie des Messageries Maritimes a soigneusement noté le nom des voyageurs. Ou plutôt, de certains voyageurs : non loin du nom de ma grand-tante célibataire, Saturnina Aragüés, apparaissent quelques cohortes étranges :
Vérille, sa femme, 7 enfants, F. Romat, sa femme, 3 enfants, une bonne, Desplanques, un enfant, une bonne.
Comment s’appelaient l’épouse de M. Vérille, ses sept enfants et la bonne de F. Romat ? Tous cachés derrière le pater familias ?
Quand un descendant de l’épouse, de l’enfant ou de la bonne cherche, un siècle plus tard, la trace de son ancêtre, il se retrouve face au mur opaque des noms communs : « femme », « enfant » ou « bonne ». Heureusement, Saturnina n’était ni l’épouse ni la domestique de personne pendant ce voyage, ce qui m’a permis de retrouver sa trace.
*Cet article est inspiré d’un billet intitulé « Invisibles » publié sur le blog de ce site le 8 mars 2026.
Pour se procurer la revue, écrire à cette adresse :
revuepartir@memoire-emigration.org


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