L’école est dans la rue

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Les mondes de l’école

Bagnolet, Seine Saint Denis,  rue Sadi Carnot et rue François Mitterrand : une exposition de photos et de textes, Les mondes de l’école,  est accrochée aux grilles du parc de Château de l’Étang  jusqu’au 31 août 2017.

 

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Olivier Culmann et Mat Jacob sont partis dans les années 90 en Chine, au Cameroun, au Mexique, en Bolivie, au Pakistan, en Roumanie et dans d’autres pays encore.

Ils écrivent : Parce que nous y sommes allés à reculons, parce que nous ne nous sommes sentis libres qu’après l’avoir quittée, parce qu’elle nous a ouvert l’esprit autant qu’elle nous l’a cloisonné : nous sommes retournés à l’école.
La question pour nous était de savoir si l’école est une façon d’imposer un mode de pensée ou au contraire si elle est le moyen de donner aux enfants le bagage intellectuel qui, plus tard, leur permettra d’être libres. Les situations que nous avons rencontrées ont été si variées, et parfois si contradictoires, qu’arrivés au terme de ce travail, nous constatons que là où nous espérions obtenir des réponses, nous avons souvent trouvé de nouvelles questions. Ces doutes et ces questionnements font partie de ce reportage.

Cette idée de questionnement et de doute nous est chère, plutôt que l’idée d’un travail documentaire sur « la réalité » de l’école à travers le monde.

Les mondes que nous avons traversés et dont nous parlons ici sont ceux de nos impressions et de nos souvenirs.

Les mondes de l’école n’est qu’un doute. Continue reading

Vision

 

Vision 1

Je suis allée au marché des Lilas ce matin. Je montais la côte qui y mène, j’étais presque arrivée en haut, et je les ai vus. Mon père et ma mère, marchant vers la bibliothèque. Deux petits vieux maigriots, un peu courbés en avant, de la même taille, elle avec des cheveux courts, lui un peu chauve, les deux en pantalon d’été, avec des chemisettes légères et des chaussures pratiques. J’ai pressé le pas, failli courir pour les rattraper, ils ont tourné le coin de la rue, j’ai accéléré, j’avais peur qu’ils aient disparu comme des fantômes mais non, ils étaient encore là, ils me tournaient le dos en regardant une affiche, je les regardais avidement, oh, est ce qu’on se console jamais d’être orphelin ? Je les ai pris en photo, de dos, mon père et ma mère. À jamais.

Maryse Esterle

29 août 2012

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