La foi soulève les montagnes, dit-on. La force de vie a fait craquer le bitume, les racines explosent sur le trottoir, cet arbre vit. Je rêve qu’il triple de volume, enchâsse la maison, étend ses branches et ses racines dans la rue et avec ses congénères reprend possession de l’espace volé. Un peu comme ces grands fromagers qui entourent de leurs bras les ruines du temple Ta Phrom à Angkor. Peut-être dans quelques siècles ?

Comme un arbre dans la ville
Je suis né dans le béton
Coincé entre deux maisons
Comme un arbre dans la ville

Entre béton et bitume
Pour pousser  je me débats
Mais mes branches volent bas
Si près des autos qui fument

Maxime Le Forestier, 1972 (extraits)