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Samedi dans le métro. Du monde. Je suis debout et    j’aimerais bien m’asseoir. Youpi une place côté couloir se libère, mais je n’ai pas le temps de m’approcher, un jeune homme  souriant s’y installe. Je me dis Dans vingt ans je le vire à coups de canne celui-là. Chance, station suivante son voisin côté fenêtre s’extirpe de sa place avec une valise qu’il avait coincée entre les jambes. Pour le laisser passer, le fringant jeune homme passe dans le couloir et je me glisse vers le siège laissé libre par l’homme à la valise.

 

Au même instant, le jovial jeune homme encore debout se fait rafler sa place par une vieille postée à la lisière du carré central qui s’assied d’un coup, le regard en avant. Je la vois de profil à côté de moi, quatre-vingt balais bien tapés, le menton un peu en galoche, les cheveux teints d’un joli blond, des lunettes à monture dorée, le dos droit. Ins-tal-lée. Le jeune homme joyeux  se retrouve tassé avec les autres, debout dans l’espace central, et sourit à un copain derrière nous qui a vu la scène, l’air de dire, gonflée la vieille, t’as vu comment elle m’a carotté la place ! Eh oui, ça t’apprendra à être souriant, jeune homme. Et en pleine forme. Mais sur ce dernier point,  tu n’es pas le seul. Les vieilles ont de la ressource.