Novembre  2012

Gare du Nord, en bas des escaliers qui descendent des quais ; deux hommes bougent sur des écrans géants, l’un à côté de l’autre, pour Skyfall 007. À droite, Javier Bardem, à gauche, Daniel Craig. Bardem a un revolver dans la main droite et, de dos au début, se retourne vers nous, le regard fixe et malveillant, marqué d’une ombre de sourire qui n’a rien d’avenant. À gauche, Daniel Craig s’avance, une main dans la poche gauche de son pantalon, le genre félin des glaces sans pitié, vêtu d’un smoking bleu marine avec nœud pap’. Le tout au ralenti, dans le vacarme chuintant de la gare du Nord. Bardem porte un imperméable noir sur un pull et un pantalon noirs. Un peu de vent agite ses cheveux, au contraire de  Craig qui n’en a pas assez pour qu’ils volettent. Ils viennent d’un monde où l’on tue en complet veston, avec des cravates et des chaussures noires impeccablement cirées. Ensuite, on se rend à un cocktail à l’ambassade de Russie et on trinque avec des espionnes blondes sanglées dans des robes de sirène, sans un gramme de cellulite.

La classe, à la gare du Nord, ce soir.