Ce soir Huesca est tout près de Buenos Aires.

Le cercle des Aragonais fête la  San Lorenzo. Descendants d’Aragonais émigrés en Argentine, ils parlent des rues des villages de leurs antepasados comme s’ils y avaient grandi et échangent des nouvelles du pays.
Sur les tables, des pots de basilic, la plante de Huesca,  sur scène des jotas chantées et dansées.

 

Échame madre, échame un ramico de albahaca
De esta maceta que tienes en el balcón
Fresca como el roció, albahaca perfumada,
Un beso que Huesca y tú me dais con amor

Lance ma mère, lance-moi une branche de basilic
De ce pot sur ton balcon
Frais comme la rosée, basilic parfumé
Huesca et toi, un baiser de votre amour

 

L’émigration c’est ça : on aime toujours quelque chose d’ailleurs, on est d’ici et de là-bas.
Si les liens entre l’Europe et l’Amérique se matérialisaient au-dessus de l’océan, cela ferait un immense voile d’une rive à l’autre, tissé de fils impalpables et mouvants  qui laissent passer la lumière et se reflètent sur les flots.