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Il faut être folle, n’est-ce pas, pour aller sur une place, en pleine dictature militaire, coiffée d’un fichu blanc sur lequel est inscrit le nom de son enfant ? Pour aller réclamer, face contre face des militaires, des nouvelles des disparus ? Il faut être nombreuses à être folles pour résister aux gardes à cheval qui rentrent dans la foule ou aux policiers  dont on ne voit pas le visage derrière la visière sombre du casque ? Pour demander où sont les bébés sortis du ventre de  mères dont on ne retrouvera jamais la trace ?

Le tyran déclare : Le disparu c’est  l’inconnu. Si l’homme apparaissait vivant il aurait un traitement X, s’il apparaissait mort il aurait un traitement Y, mais tant qu’il reste disparu, on ne peut le traiter d’aucune manière, c’est l’inconnu, le disparu  n’est pas une entité, il n’est ni mort ni vivant, face à cela nous ne pouvons rien faire, nous soutenons la famille. Jorge Rafael Videla, Buenos Aires, 1979.

Jeux de mots d’outre-tombe pour morts sans sépulture.

La Compagnie la Mue/tte  (Delphine Bardot et Santiago Moreno) a construit autour de leur histoire « un parcours poétique de résistance », Les Folles, présenté au théâtre Mouffetard à Paris jusqu’au 28 octobre dernier, qui fait entendre les mots  des tortionnaires et montre le visage des disparus brodés sur des tambours translucides. Des mères de la place de Mai campées en figurines tiennent une banderole : 30 000 desaparecidos presentes ahora y siempre.  30 000 disparus, présents maintenant et pour toujours.

Parmi eux, plusieurs sûrement s’appelaient Santiago.

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Place de mai