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Famille Shelk'nam

Famille Selk’nam, début du XXe siècle

Les Yámanas, les Alacalufs, les Haushs et les Selk’nams habitaient la Terre de Feu depuis plus de 6 000 ans. Ils chassaient, pêchaient, cueillaient et tiraient parti de la nature et du climat très rude de cette région. Ils étaient nomades, vivaient quasiment nus en s’enduisant le corps de graisse animale ou se couvraient de peaux de guanaco ou  de renard. Ils construisaient des canoës et chassaient le lion de mer, base de leur alimentation pour ceux qui vivaient près des côtes. L’arrivée des Argentins et des Chiliens sur leur territoire dans les années 1880 fut aussi celle de maladies (rougeole, pneumonie, tuberculose) dont la propagation fut facilitée par les vêtements qu’ils durent porter et les cabanes en dur dans lesquelles on les força à vivre. La recherche de l’or, l’exploitation à grande échelle du lion de mer, l’installation d’estancias de centaines de milliers d’hectares conduisirent à la chasse aux « Indiens », tirés au fusil avec récompenses suivant le nombre d’oreilles, de testicules ou de seins de femme ramenés par les tueurs. Les instigateurs de ces chasses furent couverts d’honneurs par leurs gouvernements respectifs. Les membres des ethnies qui se retrouvèrent dans les communautés salésiennes y moururent en masse des maladies transmises par les envahisseurs et du changement forcé de leur mode de vie. L’alcoolisme, inconnu d’eux jusqu’alors, paracheva le génocide. Certains membres de ces groupes furent exhibés en Europe dans les zoos humains.

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Bahia Lapatala

À l’arrivée des Chiliens et des Argentins, à la fin du XIXe siècle, les peuples originaires de Terre de Feu étaient plusieurs milliers répartis sur toute l’île. Au milieu du XXe siècle, il en restait quelques dizaines. À peine quatre-vingts ans ont suffi pour faire disparaître des populations qui vivaient là depuis des millénaires. Aujourd’hui, des expositions détaillent en Terre de Feu les multiples aspects de la vie des peuples originaires, qui nous en apprennent beaucoup sur la capacité des humains à vivre dans des contextes extrêmes. À ce jour, aucune compensation n’a été donnée aux très rares descendants des Yámanas, Alacalufs, Haushs et Selk’nams dont la disparition par génocide n’est toujours pas reconnue par les États argentin et chilien.

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