22 mai 2018, Les Poucets, rubrique Est-ce ainsi que les hommes vivent ?

hts-Lyon.com

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Un TER dans le sud-ouest de la France, au printemps. Il fait beau, il y a du monde, des voyageurs sont assis par terre, c’est presque comme en été. Une famille espagnole monte dans le train, les parents et trois jeunes garçons, deux jumeaux de dix ans et un gamin plus jeune, huit ans peut-être. Ils sont tous très gais et très beaux. Les parents s’assoient l’un en face de l’autre sur deux banquettes, les enfants ensemble sur une autre. Le père ouvre son ordinateur portable, la mère le sien. Faute de mieux, ils les mettent sur leurs genoux et tapent sur le clavier. Lui est peut-être avocat, elle styliste, ou l’inverse ? Ils règlent des affaires sérieuses, concentrés, tête baissée. Les enfants ont chacun une tablette ou un téléphone portable et se plongent dans leur écran en souriant. Ils les échangent, l’un prend la tablette de l’autre et lui donne son portable. Ils jouent à des jeux d’adresse avec de petits gremlins qui descendent en roulant le long de lignes colorées et explosent de temps en temps.
Le voyage dure trois heures. Pas une seule fois parents et enfants n’ont échangé un regard, à peine une parole. Les autres voyageurs, indifférents par principe, finissent par remarquer cette famille étrange, joyeuse et en morceaux, aux yeux braqués sur les écrans.  Étonnement, consternation, haussements d’épaule imperceptibles. Et encore, ils n’ont pas de puce implantée sous la peau. Pas encore.

 

Quelques mots d’entrée…

La littérature parle du monde et de la vie sous toutes ses formes, la sociologie nous aide à les comprendre. Il n’y a pas de rupture entre les deux, juste une continuité, un va-et-vient de l’une à l’autre.

Sur ce blog vous trouverez  des articles, des photos, des textes – certains déjà publiés – et des annonces pour ceux qui le seront bientôt.

Et  des commentaires sur des livres, des films, des  événements…

Place est laissée aux émotions, en leur donnant une forme lisible, audible, que l’on peut partager. Des récits littéraires en quelque sorte…

Quelques photos aussi, prises au hasard pour attraper la poésie ou le cours de la vie. La grande ville nous réserve des surprises, des joies et aussi des colères. Est-ce ainsi que les hommes vivent ?

J’écrirai de temps en temps et les photos arriveront au fur et à mesure.

Le chat Rubens  sur le bandeau est l’oeuvre de Claude Feuillet et Isabelle Gourcerol, en 2014, au 26 rue de la Mare à Paris. Je l’ai pris en photo en mars 2015.

En espérant  partager un peu ou beaucoup de tout ça avec vous !