16 mai  2019,  Ah  Dieu ! que la guerre est jolie, rubrique Dans la rue et Est-ce ainsi que les hommes vivent ?

 

Très sobre monument aux morts installé par la Ville de Paris en novembre 2018 le long du cimetière du Père Lachaise. La liste des plus de cent mille morts et disparus parisiens forme un impressionnant ruban, noms écrits en blanc sur fond bleu canon de fusil, couleur mortuaire pour l’enterrement d’une génération.
Ils sont classés par année et par ordre alphabétique. Alignement impeccable. Même les disparus sont bien rangés sous le titre « années inconnues », près de l’entrée du cimetière. Tout est parfait, on n’a oublié personne.
Dommage que l’âge des morts n’ait pas été inscrit à côté de leur identité : dix-huit ans, vingt ans, vingt-cinq ans ? Les hommes valides furent mobilisés jusqu’à l’âge de quarante-sept ans, mais les plus jeunes partaient en première ligne. Ils portent des noms de tous les jours et des prénoms qui reviennent à la mode : Achille, Arthur, Louis, Jules, Émile, Charles.
Tiens, un Lafrance et plusieurs Lallemand. Sont-ils morts côte à côte, René Lafrance et Edmond Lallemand, au début de la guerre ou bien plus tard ? Qu’importe, chaque guerre a sa beauté, sa poésie, son charme, ses commémorations, ses hommages,  ses mots pour justifier la mort de masse. Aux morts de la Grande Guerre, Paris à ses enfants, à leur trépas sacré.
Près de l’entrée du cimetière, un attroupement : des touristes, un groupe d’officiels, des étudiants ? Non, la soupe populaire de la Ville de Paris, hommes d’un côté, femmes de l’autre. Elle s’appelle Cœur de Paris.

Le titre du post est un vers de Guillaume Apollinaire, extrait de Calligrammes, l’Adieu du cavalier, 1918.

 

 

 

Quelques mots d’entrée…

La littérature parle du monde et de la vie sous toutes ses formes, la sociologie nous aide à les comprendre. Il n’y a pas de rupture entre les deux, juste une continuité, un va-et-vient de l’une à l’autre.

Sur ce blog vous trouverez  des articles, des photos, des textes – certains déjà publiés – et des annonces pour ceux qui le seront bientôt.

Et  des commentaires sur des livres, des films, des  événements…

Place est laissée aux émotions, en leur donnant une forme lisible, audible, que l’on peut partager. Des récits littéraires en quelque sorte…

Quelques photos aussi, prises au hasard pour attraper la poésie ou le cours de la vie. La grande ville nous réserve des surprises, des joies et aussi des colères. Est-ce ainsi que les hommes vivent ?

J’écrirai de temps en temps et les photos arriveront au fur et à mesure.

Le chat Rubens  sur le bandeau est l’oeuvre de Claude Feuillet et Isabelle Gourcerol, en 2014, au 26 rue de la Mare à Paris. Je l’ai pris en photo en mars 2015.

En espérant  partager un peu ou beaucoup de tout ça avec vous !