9 octobre 2019, La porte de sortie, rubriques Est-ce ainsi que les hommes vivent ? et Le off du livre.

 

Elle s’appelait Christine Renon et elle s’est suicidée le 21 septembre dernier dans l’école maternelle dont elle était la directrice, à Pantin. Dans une lettre, elle parle de sa fatigue, des jeunes enseignants trop peu formés, des mille tâches dévoratrices  de temps qu’elle devait accomplir quotidiennement.

Des rassemblements ont eu lieu devant son école et le rectorat du 93. Son nom a été entendu dans les médias pendant quelques jours, mais on n’en parle déjà plus. Sa mort aura-t-elle servi à quelque chose ? Voulait-elle que cela soit le cas ?

En pensant à elle, j’ai relu quelques lignes écrites au début de  mon livre « Où va la formation des enseignants ? ». Un soir, en cherchant la porte de sortie de L’IUFM * dans les locaux déserts pour aller à la gare d’Arras, je me suis retrouvée enfermée dans une courette intérieure, face à une baie vitrée,  et n’ai dû mon salut qu’à la documentaliste qui se trouvait encore là et m’a guidée vers la rue.

« Les bâtiments parlent, l’espace témoigne, la paroi vitrée qui résonne des coups dans le silence du soir, c’est celle à laquelle nous nous sommes heurtés, étudiants, formateurs, personnels, pendant ces années 2010-2013 : la formation des professeurs se meurt, les ministres mentent, les médias s’affligent, personne ne nous entend.
Ce soir-là, j’ai trouvé la sortie grâce à une main tendue. Je ne suis pas sûre que tous aient eu la même chance, pendant cette période. »

Christine Renon a poussé la porte vers la plus définitive des sorties. Sa  manière à elle de dire les choses.

*Institut universitaire de formation des maîtres

 

 

 

Quelques mots d’entrée…

La littérature parle du monde et de la vie sous toutes ses formes, la sociologie nous aide à les comprendre. Il n’y a pas de rupture entre les deux, juste une continuité, un va-et-vient de l’une à l’autre.

Sur ce blog vous trouverez  des articles, des photos, des textes – certains déjà publiés – et des annonces pour ceux qui le seront bientôt.

Et  des commentaires sur des livres, des films, des  événements…

Place est laissée aux émotions, en leur donnant une forme lisible, audible, que l’on peut partager. Des récits littéraires en quelque sorte…

Quelques photos aussi, prises au hasard pour attraper la poésie ou le cours de la vie. La grande ville nous réserve des surprises, des joies et aussi des colères. Est-ce ainsi que les hommes vivent ?

J’écrirai de temps en temps et les photos arriveront au fur et à mesure.

Le chat Rubens  sur le bandeau est l’oeuvre de Claude Feuillet et Isabelle Gourcerol, en 2014, au 26 rue de la Mare à Paris. Je l’ai pris en photo en mars 2015.

En espérant  partager un peu ou beaucoup de tout ça avec vous !