Publicité mensongère

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Dans une rue de Pantin, juillet 2018

Tu dois aimer ça, la chaleur, toi qui es d‘origine espagnole ? Ben non, c’est pas génétique, en plus des fois il fait froid en Espagne, il pleut, en somme il y a des saisons. La sieste n’est pas l’activité la plus notable des Espagnols, qui comme partout en Europe se débattent dans des questions d’appartenance, d’accueil, de fermeture, de chômage, de spéculation immobilière, de violences en tous genres.  Et vivent et luttent et essaient d’avancer malgré les embûches. Du banal en quelque sorte. Mais l’Espagne fut longtemps pour les autres le pays des vacances,  de la sieste à l’ombre des palmiers de la Costa Brava et des belles étrangères  qui se pâment d’aise devant la muleta.
La publicité nous assigne des rôles en carton-pâte : les Italiens dragueurs, les Anglais pince-sans-rire, les Français et leur baguette-croissant au son de l’accordéon, les Allemands organisés, les Suisses tout propres et les Espagnols qui font la sieste. Paysages de carte postale pour personnages en papier mâché, oui, j’ai des origines espagnoles, non j’aime pas les fortes chaleurs, non c’est pas bizarre, c’est juste que je préfère quand il fait vingt-cinq degrés plutôt que trente, quoi.

Allez, bon mois d’août, on se retrouve début septembre !

Retour de 14 juillet

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Soir du 14 juillet 2018, Paris. À la fin du concert de musique classique de l’orchestre de Radio France, la voix de Stéphane Bern nous invite à chanter la Marseillaise pour soutenir les Bleus (si j’ai bien compris). Le feu d’artifice déploie sa magnificence le long de la tour Eiffel, avec effets spéciaux, petits cœurs roses et chansons d’amour. La foule se disperse, repue de tant d’émotions. Enfin elle essaie. Nous sommes des dizaines de milliers à piétiner pour sortir du Champ de Mars. Rapidement, des plus  malins escaladent deux barrières censées empêcher l’accès à un chantier ouvert près de l’École Militaire. Tant pis si les massifs  de fleurs sont foulés aux pieds. Les bouches de métro Latour Maubourg et École Militaire sont bloquées par des voyageurs à l’arrêt dans l’escalier extérieur. Nous poussons jusqu’aux Invalides, puis vers Concorde et Louvre Rivoli. Les marcheurs sont moins nombreux  et n’occupent plus le centre de la rue. Nous tentons de prendre le métro, ligne 1 direction  Hôtel de Ville. À deux reprises, la porte du wagon bondé s’ouvre, des gens en sortent en trombe, d’autres tentent d’y entrer, ce n’est même pas une bousculade, juste un corps à corps collectif statique et sans issue. Une femme essaie de récupérer sa fille qui s’est imprudemment glissée à l’intérieur, les portes se referment sur ses bras, des mains les maintiennent entrouvertes pour qu’elle puisse extirper la gamine de la masse des voyageurs, mais elle les prend quand même sur les épaules. Elle hurle en espagnol : Me hace daño ! en se frottant les bras. Son mari et ses deux enfants l’entourent sur le quai, ils s’éloignent vers une autre ligne.

Nous partons vers la ligne 7, qui nous amènera à Châtelet. Là, moins de monde, mais une toute petite fille a les pieds coincés dans la porte au moment où elle se ferme. Des mains ouvrent la porte, on dégage l’enfant qui hurle. Sa mère passe tout le trajet à lui embrasser les pieds. Je les vois de dos, les pieds de la fillette contre la bouche de la mère, éperdue.

 

Tout seul

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Un ours se cache dans la ville,
Accroché à son  poteau
Tronc d’arbre mort
Bloc de béton
Forêt lointaine
Sol délavé
Il a l’air triste et apeuré
Si on l’attrape pas de quartier
Même en peluche il fera peur
Il est tout sale il prend la pluie
Il attend là, qui l’aimera ?

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Gato misterio

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Chat mystère à San Telmo, Buenos Aires

Lumières

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Paris scintille ce soir ciel chargé de nuages
On ne voit pas les étoiles juste les lumières de la ville
Bientôt il sera minuit première minute de 2018
La foule sur les Champs-Élysées et la Concorde illuminée
On marchera dans les rues les gens souriront
Leurs enfants dans les bras
Heureux

 

Le repos du périph

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La vie c’est simple au fond, surtout quand il pleut…

Le pain de l’esprit

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J’étais fleur je suis cité, Les Lilas, Seine-Saint-Denis

 

La rue raconte notre histoire,

toujours présente.

 

 

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Vers le ciel

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Il y a quelques semaines, je postai un texte et des photos intitulés « Respiration » avec ces paroles d’une chanson entendue à Barcelone au mois de mai dernier.

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Resistiré para seguir viviendo
Soportaré los golpes y jamás me rendiré
Y aunque los sueños se me rompan en pedazos
Resistiré, resistiré…

Je résisterai pour continuer à vivre,
Je supporterai les coups et jamais ne me rendrai,
Et même si mes rêves volent en éclats,
Je résisterai, je résisterai !

J’ai repensé à ces mots et à cette tendre fête dans le printemps catalan.
Aujourd’hui, ces photos des Ramblas, en regardant vers le ciel.


Il y a quelques semaines, je postai un texte et des photos intitulés « Respiration » avec ces paroles d’une chanson entendue à Barcelone au mois de mai dernierJe résisterai pour continuer à vivre, je supporterai les coups et jamais ne me rendrai, et même si mes rêves volent en éclats, je résisterai, je résisteraJ’ai repensé à ces mots et à cette tendre fête dans le printemps catalan.

es photos des Ramblas, en regardant vers le ciel.

 

 

L’école est dans la rue

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Les mondes de l’école

Bagnolet, Seine Saint Denis,  rue Sadi Carnot et rue François Mitterrand : une exposition de photos et de textes, Les mondes de l’école,  est accrochée aux grilles du parc de Château de l’Étang  jusqu’au 31 août 2017.

 

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Olivier Culmann et Mat Jacob sont partis dans les années 90 en Chine, au Cameroun, au Mexique, en Bolivie, au Pakistan, en Roumanie et dans d’autres pays encore.

Ils écrivent : Parce que nous y sommes allés à reculons, parce que nous ne nous sommes sentis libres qu’après l’avoir quittée, parce qu’elle nous a ouvert l’esprit autant qu’elle nous l’a cloisonné : nous sommes retournés à l’école.
La question pour nous était de savoir si l’école est une façon d’imposer un mode de pensée ou au contraire si elle est le moyen de donner aux enfants le bagage intellectuel qui, plus tard, leur permettra d’être libres. Les situations que nous avons rencontrées ont été si variées, et parfois si contradictoires, qu’arrivés au terme de ce travail, nous constatons que là où nous espérions obtenir des réponses, nous avons souvent trouvé de nouvelles questions. Ces doutes et ces questionnements font partie de ce reportage.

Cette idée de questionnement et de doute nous est chère, plutôt que l’idée d’un travail documentaire sur « la réalité » de l’école à travers le monde.

Les mondes que nous avons traversés et dont nous parlons ici sont ceux de nos impressions et de nos souvenirs.

Les mondes de l’école n’est qu’un doute. Continue reading

Respiration

 

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Un samedi soir de printemps à Barcelone, elles chantent sur scène, la rousse lance ses kilos avec bravoure sous les projecteurs et personne ne songe à en rire. Le quartier est là, des plus vieux aux bébés, les chicas reprennent les chansons en secouant leurs longs cheveux, les latinos sont venus en famille, les septuagénaires  tournent sur la piste de danse et un tout seul, fasciné,  vaincu par ces chanteuses en robe pailletée, l’une rouge, l’autre noire, ne  voit qu’elles, bras tendus, illuminé, un funambule amoureux d’une étoile. Un homme  chante avec elles aussi, les mots résonnent :

Resistiré para seguir viviendo
Soportaré los golpes y jamás me rendiré
Y aunque los sueños se me rompan en pedazos
Resistiré, resistiré…

Je résisterai pour continuer à vivre, je supporterai les coups et jamais ne me rendrai, et même si mes rêves volent en éclats, je résisterai, je résisterai !

Allez, on continue ensemble, tous ensemble ! appelle la chanteuse en robe noire.

Et alors, en les écoutant, en les regardant, en les filmant, je me dis qu’Ils sont loin, loin, loin, les Macron, Fillon, Bayrou, Blanquer, Le Pen… Et je respire, je RES-PI-RE !

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